Les aventuriers de la Finance Perdue (Casterman, 2016)

Publié le par Blandine LANOUX

Le procès de Jérôme K., ex-trader repenti, sert de prétexte à un juge fort sage et circonspect, pour mener en réalité celui de la finance internationale. Des témoins sont appelés à la barre pour exposer leurs points de vue sur les mécanismes du système amenant à l’éclatement de bulles spéculatives et aux crises économiques internationales. Parallèlement, une journaliste mène sa propre enquête auprès d’économistes de renom. On s’aperçoit qu’en réfléchissant uniquement dans leur intérêt personnel, les protagonistes (banquiers, agences de notation et de contrôle…) agissent tôt ou tard de manière nocive pour la société, consciemment ou non. Il y a mille idées par planche pour faire réfléchir et ricaner le lecteur sans jamais lui laisser le temps de s’ennuyer. C’est fin, c’est gai, c’est du grand art. Mon seul regret est que certains concepts ou certains événements sont par trop simplifiés. Par exemple, la décision de Hank Paulson, le secrétaire américain au Trésor, prise entre le 12 et le 14 septembre 2008, de ne pas nationaliser Lehman Brothers aurait été une erreur due à ses principes libéraux… un peu caricatural...

Quoi qu’il en soit, il est étonnant que ce petit bijou de malice n’ait pas rencontré plus de retentissement ni de succès à sa sortie en 2016. D’autant que ses auteurs sont des pointures : James, d’un côté, dessinateur qui n’a plus rien à prouver en matière de dessin de presse et qui fait partie des rares artistes du 9ième art à connaître le monde de l’entreprise. Christian Chavagneux, de l’autre côté, économiste et éditorialiste, véritable pédagogue qui m’enchante à chaque fois que j’entends ses commentaires dans l’émission de France Inter « On n’arrête pas l’éco ».

Cette BD porte sur la finance de marché, les principaux acteurs et mécanismes de financement externes. L’éthique. Il y a un peu de macroéconomie et de théorie des jeux.

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