La Cas Fodyl (2017, Editions Sarbacane, Paris)

Publié le par Blandine LANOUX

L’ambiance générale qui se dégage du dessin dans « Le cas Fodyl » de Lomig est kafkaïenne. Caractérisé par la bichromie et la pureté du trait, ce graphisme reflète le système politico-économique de l’histoire : un système qui a fait du formatage et de la délation ses modes de contrôle privilégiés.

Employé par le CRGC (Centre Régional de Gestion des Cas) - l’équivalent de Pôle Emploi en version entreprise privée - Marcus Fodyl est aux premières loges pour constater les dégâts provoqués par une idéologie dominante où l’ordre et la discipline priment sur tout, y compris le bon sens.

Les chômeurs sont des fainéants. Tel est l’axiome admis par tous, et sur lequel on se fonde pour déporter et condamner aux travaux forcés les récalcitrants, ceux qui refusent le poste qu’on leur propose. Le propos est allégé par les trouvailles de l’auteur qui manie la dérision avec une certaine subtilité. Par exemple, une œuvre de l’artiste Pitchelli hors de prix, trône dans la salle de réunion pharaonique du patron de la CRGC. Elle est surprenante et ridicule (à vous de la découvrir).

Cette BD peut être utilisée pour illustrer : les effets pervers des méthodes d’évaluation des performances individuelles (pages 15-38-39-46-47), la théorie des conventions et les dérives bureaucratiques.

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