La Fabrique (2009, Editions Paquet)

Publié le par Blandine LANOUX

La Fabrique (2009, Editions Paquet)

Un capitaine d’industrie, alias « Le Patron », s’évertue à réaliser toutes sortes d’économies pour maximiser ses gains, au détriment des salariés aliénés, des petits concurrents écrasés et des pays du tiers-monde dont il pille les ressources avec opiniâtreté. Naturellement, il lui arrive de douter et de se décourager, notamment lorsqu’il songe à tous ces marchés qu’il n’a pas encore conquis.

Les auteurs, peb et fox, ont apparemment fréquenté les bancs de l’université Nancy II puisqu’ils remercient Lionel Jacquot et Alain Gernet pour dixit « les avoir fait regarder dans une autre direction ». Leur ambition est de dénoncer les travers du capitalisme. Ils emploient un graphisme simple, voire enfantin. A priori cette succession de sketchs se présente dans le format idéal pour illustrer un concept ou une idée en gestion ou en économie. Bien que le résultat soit inégal, certains passages m’ont vraiment fait rire.

Voici les planches qui ont retenu mon attention :

Page 12 : Lors d’un entretien de licenciement, le Patron n’est pas sûr à 100% qu’il doit mettre à la porte un salarié car la situation familiale de ce dernier est catastrophique. Le Patron lui demande alors quelques instants de réflexion et en profite pour descendre dans une salle secrète du sous-sol. Là, il s’adresse à Monsieur Wha-Wha, son éminence grise, et lui expose brièvement le problème. Perché sur son piédestal, le chien de banquette arrière secoue alors la tête de haut en bas. Verdict : l’employé est viré.

Pages 16-17 : A propos des notices de montage des machines de production taïwanaises : elles sont tellement mal traduites qu’elles amènent à des accidents du travail loufoques.

Page 20 : Autre accident du travail, mortel cette fois-ci, mais qui indéniablement a l’avantage de rendre le dégraissage du personnel moins douloureux.

Page 46 : Sur les lignes de production, les ouvriers ne savent pas à quoi peuvent servir les pièces qu’ils fabriquent. Par le plus grand des hasards, Crouton, l’employé zélé, passe à proximité. Interrogé par les travailleurs, il répond : « Nous construisons les pièces qui servent à fabriquer les machines sur lesquelles on travaille ! ». Merveilleux.

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